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L’Histoire et le Patrimoine de Saint-Paul-en-Jarez ont fait l’objet de nombreuses publications que nous vous faisons découvrir ici.
Nous remercions chaleureusement tous les auteurs de ces documents.

 

Histoire de la Quintaine

Rédigé par Jean Charreyre et O.M.S.C.L Saint-Paul-en-Jarez (09/1989)

La quintaine

Pour la fête patronale, communément appelée vogue, qui a lieu le dernier dimanche de janvier. Une des coutumes qui rend célèbre notre commune dans le canton, c’est le « tir à la quintaine ». Cette distraction se déroule le lundi de la fête à 9h30, après le réveil en fanfare et avant les jeux habituels. Cette tradition attire beaucoup de monde, outre les habitants du village, de nombreuses personnes des communes environnantes viennent y assister au moins une fois dans leur vie.

Qu’est-ce que la Quintaine ?

Pour répondre à cette question, nous emprunterons au livre de Stéphane Bertholon « Histoire de Saint-Chamond », quelques passages du chapitre « La vogue des dindes ». On nomme ainsi la vogue de Saint-Paul-en-Jarez, laquelle tombe toujours le dernier dimanche de janvier, et qui se trouve,  de ce fait, la première de l’année dans notre région. En parler, sort de notre sujet « L’histoire de Saint-Chamond » mais nous le faisons, pour signaler une vieille et bien vivace tradition, qui montre combien les erreurs populaires demeurent tenaces, envers et contre toutes vérités historiques. La vogue de Saint-Paul-en-Jarez est « donnée » par la fête religieuse de la paroisse « Conversion de Saint-Paul ». Comme toutes les fêtes populaires, elle se compose de danses publiques et de divertissements forains, et comme à Saint- Chamond, elle est le prétexte de joyeuse réunion de famille et d’amis et à de pantagruéliques bombances. Mais à tout cela, vient à s’ajouter l’observation de vieilles coutumes très particulières et assurément très anciennes.
Ainsi, chaque famille, même les plus pauvres, doit obligatoirement manger « son dinde » dont on expose les plumes devant la porte de la maison, et ceux, qui par extraordinaire ne se seraient pas conformés à ce rite, vont « chaparder » ailleurs quelques plumes qu’ils mettent devant leur demeure, et la fête se déroule comme ailleurs.
Le lendemain, a lieu « le tir à la quintaine » jeu destiné, paraît-il à commémorer la légende de cette affreuse « Dame de Jarez » qui mangeait les petits enfants et qui, arrêtée et jugée, fut écartelée par quatre chevaux attachés à ces quatre membres, qui enlevèrent chacun un morceau, la tête et le tronc restant en cinquième lieu, ce qui justifie le nom de quintaine.
Donc, on célèbre cela en démolissant bruyamment une espèce de petit château de bois, dans lequel se trouve des boîtes de poudre de couleurs, dont les joueurs s’emparent et vont en barbouiller les assistants, au milieu des cris, des rires et de la bousculade générale.
Autrefois, ce n’était pas simplement des poudres de couleur que contenait la boite, mais bien des entrailles d’animaux et peut-être même celles des dindes, consommées la veille, dont les joueurs maculaient les assistants.
On comprend mieux encore la scène de l’écartèlement, c’était en petit le songe d’Athalie. Mais comment se fait-il que la fameuse « Dame de Jarez » morte écartelée suivant les gens de Saint-Paul, soit allée mourir, repentie dans une cellule de la Chartreuse de Sainte-Croix, il faut croire qu’elle avait la vie dure. Mais il faut croire aussi que la calomnie, l’a plus dure encore, puisque les gens de Saint-Paul malgré toutes les affirmations historiques contraires, croient toujours « mordicus » à la Dame de Jarez dépecée en cinq morceaux.
Voici donc ce qu’écrivait vers 1925, cet auteur saint-chamonais, mais ce que nous pouvons affirmer, c’est qu’à notre époque personne ne croit à la véracité de cette légende, mais comme « le tir à la quintaine », à la mode de Saint-Paul est une tradition unique en France. Il faut essayer de conserver ce folklore populaire, car comme écrit Bernard Plessis dans son livre « Saint-Paul-en-Jarez, pays de mon enfance » : Il serait criminel d’abandonner ces traditions.

A quelle époque remonte la Quintaine ?

Malgré enquête auprès d’anciens et véritables dindes, on ne peut en fixer la date. Ces Sampoutaires de naissance, nés bien avant 1900, l’ont toujours connue, ainsi que leurs parents; mais ceux-ci avaient connu la bataille avec les entrailles d’animaux, remplacées plus tard par de la poudre de crayons fournie par l’usine « Chavanne-Marquise » installée à Saint Paul vers les années 1870. Donc, si nous pouvons fixer le remplacement des entrailles par de la poudre aux environs de 1880, on ignore totalement l’époque de la naissance du tir à la Quintaine.
Avant la guerre de 1914, le tir à la Quintaine avait lieu après les autres jeux habituels; il n’y avait point de discours, seul un vogueur faisait lecture, toujours la même, de la condamnation de la « Dame de Jarez », et l’on cassait la caisse; mais à cette époque, les habitants observaient de loin, car ceux qui se trouvaient autour recevaient eux aussi de la poudre.
C’est en 1921 que, sous l’impulsion de quelques Sampoutaires, fut instauré, avant le cassage de la caisse, la première narration humoristique concernant les aventures de quelques habitants du village, et depuis cette époque, les spectateurs se réunissent nombreux pour entendre l’exposé des faits. Jusqu’à ce jour, cette nouvelle tradition a continué et à présent, il serait inconcevable d’avoir un tir à la Quintaine sans discours humoristique, cela n’intéresserait plus personne.
Au début, le laïus était composé par une seule personne, mais bientôt, celui-ci fut rédigé par un groupe de dindons qui se baptisa « Comité de la Quintaine ». Le texte de cette rédaction fut lu pendant plusieurs années, par le même Sampoutaire, qui, de ce fait devenait une célébrité locale. Qui de nous se souvient avant 1939 de Michel M., auquel succéda E.D., plus connu sous le nom de « Nénesse ». Après 1945, ce fut le plus souvent le « Léon » qui narra les péripéties des dindons.

Que contenait l’exposé du discours ?

Tout d’abord, comme entrée en matière, une critique amusante sur la situation communale « élections, projets, réalisations », puis ensuite étaient commentées les histoires divertissantes arrivées à nos concitoyens. Tout cela était arrangé, assaisonné à la sauce dindonne, de façon à amuser le public.
Pour rédiger le discours, les membres du comité se servaient du patois de la région, de mots d’argot, d’expressions populaires, sans chercher à observer scrupuleusement les règles de syntaxe, ni à faire une composition française, mais ils brocardaient gentiment de manière à faire rire leurs concitoyens.
Qu’en pensent ceux qui sont cités dans le discours ?
La plupart prennent la chose avec le sourire, d’autres, plutôt rares, font la grimace, mais finalement la surprise passée, rient eux aussi de leurs mésaventures. Quelques uns, habitués à être les vedettes du discours, s’empressaient de venir raconter aux membres du comité les aventures qui leur arrivent au cours de l’année.

Essayons de relater un tir à la Quintaine

Le lundi de la vogue, vers 8h30, réveil en musique, drapeau en tête, accompagnés des musiciens, les vogueurs habillés de vêtements usagés font le tour du village. Puis ils vont chercher la Quintaine qui consiste en une caisse en bois représentant une tour, décorée de dessins ayant un rapport avec les évènements de l’année, contenant des paquets de poudre de toutes les couleurs. Après avoir fait un second tour de village avec la Quintaine portée par quatre d’entre eux, les vogueurs arrivent à l’endroit où doit avoir lieu le « cassage », emplacement qui se trouvait face à la tour du XVème siècle, mais qui fut changé vers 1975 pour être sur la place de Verdun. Ensuite se fut sur la place près du vieux puits du XVIIème siècle jusqu’en 1990. Aujourd’hui, cela se passe place du Suel.
Arrivés sur les lieux, la Quintaine est déposée, les vogueurs s’asseyant autour pour la photo souvenir et pour écouter le discours. Le lecteur de service, vêtu d’une redingote et coiffé d’un gibus ou d’un chapeau melon, un micro devant lui, commence à lire, souvent interrompu par les rires des nombreux spectateurs venus écouter les évènements de l’année écoulée.
Après chaque récit, les musiciens jouent un air en rapport avec le fait venant d’être relaté. Le discours fini, a lieu quelquefois un lâcher de pigeons. Puis les vogueurs se donnant la main, commencent une ronde effrénée autour de la Quintaine, aux sons d’une musique endiablée, pendant que les spectateurs s’écartent prudemment pour éviter les jets de poudre.
Tout à coup, à grands coups de pieds, les vogueurs brisent la caisse et se précipitent sur les paquets de poudre, se les jettent les uns aux autres. Aussitôt un nuage multicolore flotte dans l’air, pendant que les gens s’écartent un peu plus pour éviter les paquets égarés.
La bataille finie, les vogueurs tout mâchurés posent pour une dernière photo, et vont ensuite continuer les autres jeux. Ceux-ci se font devant chaque café du village. Si certains se perpétuent, comme le jeu des berthes, la course en sac, la course à l’oeuf, ou encore la course en brouette, certains ne sont plus pratiqués comme la course aux chevaux, la dernière ayant eu lieu en 1947, le jeu de la poêle, de l’oie, de la moutarde, et pour la gente féminine, le jeu du plus gros mollet.
En 1932, ce fut la seule année où pour le jeu des berthes, les concurrents chevauchaient un âne.
Lors de la Quintaine d’août 1945, eut lieu le jeu du baquet, jeu ne pouvant se pratiquer qu’à la bonne saison.
Parlons aussi de l’enterrement de la vogue, qui consistait pour les vogueurs, le lundi soir, drapeau et musique en tête, à défiler dans les rues du village et à chaque coin de rue, tous s’arrêtaient, se mettaient à genoux, et accompagnés par l’orchestre, chantaient « Adze donc la vogue ».
En 1966, les jeunes de la vogue modifièrent cet enterrement. Ils fabriquèrent un mannequin qui représentait la « Dame de Jarez » et le promenèrent dans les rues du village, entouré des conscrits portant des torches, au son d’une musique funèbre. Arrivé à l’endroit prévu, le mannequin fut déchiqueté pour symboliser l’écartèlement de la « Dame de Jarez ».Ce rituel continue aujourd’hui, mais à la fin du défilé, le mannequin est parfois brûlé. Puis tout le monde se sépare, la vogue de l’année a vécu.

Revenons à présent au discours traditionnel

Parlons un peu des différents thèmes abordés lors des différentes quintaines (ou du moins ce qu’il nous en reste).
En 1926, le principal événement concernait la grève des « bistrots ». Les propriétaires des cafés de SAINT PAUL ayant augmenté sans raison le prix des consommations, les clients habituels des différents estaminets décidèrent d’un commun accord de ne plus y mettre les pieds.Ils se réunissaient, achetaient de la boisson dans un magasin d’alimentation du village, et la consommait, assis sur le bord d’un trottoir en invitant leurs amis à trinquer avec eux. Cela fut de courte durée. Les cafetiers revinrent rapidement au prix normal et la grève cessa. Une chanson avait été écrite sur le sujet, mais plus de trace.
En 1930, le sujet était les élections qui eurent lieu en 1929.
En 1934, « le lavage du petit Paul », faisant référence à la réfection de l’église et de la statue de Saint Paul, était l’un des thèmes du discours.
En 1936, ce furent les élections municipales qui en furent le thème principal. Plusieurs scrutins furent nécessaires en 1935 pour élire le Conseil Municipal.
Pour la Quintaine de 1950, baptisée par le comité « Promotion du demi-siècle », on fit l’apologie depuis 1900, et on prévoyait humoristiquement l’avenir jusqu’en l’an 2000. Nostradamus n’a pas mieux fait.
L’année 1951 concernait les problèmes de l’eau et les travaux exécutés pour parer à la pénurie de celle-ci. 1976 et 2003 n’ont rien à lui envier. Une chanson, composée en 1925, se rapportant à ce problème fut imprimée sur le premier programme.
1952 fut l’année de « la bataille du képi ». On y relatait la lutte acharnée des différents candidats pour la place vacante de garde-municipal.
L’entrée en matière de l’année 1962 fut sur le « Charivari », tradition que la municipalité d’alors voulut supprimer, et qui aboutit, en votant deux fois dans l’année, au renouvellement de l’équipe dirigeante. Cette année là, fut enregistré le premier disque du discours.
En 1966, le sujet principal fut les élections de 1965. Cette année là, fut élaboré le premier char humoristique. Rappelons que les sujets ne traitaient pas seulement des évènements survenus dans la commune, mais pouvaient déborder sur le plan national. je ne dévoilerai pas le sujet de ce char. Ceci sera traité ultérieurement lors des pages concernant les années 1963 à 1970, qui traiteront en détail des discours des quintaines des ces années.
Voilà ce que furent succinctement les thèmes principaux, selon les années, qui alimentèrent le discours de la Quintaine. Outre les différents épisodes annuels, le programme comportait certaines fois une chanson ou un poème composé par le comité, et qui était imprimé au dos du programme. En voici quelques uns :
1951 : La chanson de l’eau
1962 : La chanson des cloches
1963 : Songes et rêves (poème)
1964 : Charivari
1965 : Saint-Paul, sa légende et sa Quintaine
1966 : Elections 1965
1967 : Les glouglous du Dindon
1969 : Tout va très bien Monsieur le buraliste

L’Hôtel de Lafond de Poidebard (Actuelle mairie)

Document aimablement prêté à la mairie de Saint-Paul-en-Jarez

Présentation générale dans le contexte patrimonial et historique de Saint-Paul-en-Jarez

La ville de Saint-Paul-en -Jarez est un ancien bourg médiéval dont il reste des témoignages significatifs (tracés des remparts et tour).
L’essor industriel au début du 19ème siècle ayant modifié considérablement l’aspect de la vallée du Gier, et entrainé de nombreuses destructions, le patrimoine fut quelque peu oublié pendant une longue période, à tel point que cette région naguère riche fit figure de parent pauvre dans ce domaine.
Comme toutes les communes de la vallée du Gier, l’essor industriel marqua profondément le paysage de Saint-Paul-en-Jarez, sans détruire cependant l’essence même du bourg ancien.
De l’ancien bourg fortifié, il reste tout d’abord, visible au premier regard, la forme radioconcentrique du village. Mais sous des interventions récentes se dissimulent également des maisons anciennes à l’indéniable intérêt patrimonial.
C’est notamment le cas de l’hôtel particulier de Lafond, qui, dans son état actuel, est un bâtiment du 18ème siècle. Il appartient toutefois à un ensemble bâtimentaire qui a certainement des origines antérieures, comme semble l’indiquer un certain nombre d’indices ou d’éléments plus anciens.
De plus, il s’insère dans un des quartiers les plus anciens du village (que l’on peut qualifier de « faubourg »), caractérisé par la présence d’hôtels particuliers (Hôtel de Lafond, Hôtel Maniquet) ainsi que des maisons datant des 16ème et 17ème siècles.
Ces hôtels particuliers ont été les demeures de plusieurs des seigneurs de Saint-Paul-en-Jarez, mais ont également appartenu aux familles des premiers maires de la commune : Les Poidebard et les Maniquet.
L’hôtel de Lafond fait donc partie intégrante du patrimoine bâti du Bourg et de la commune de Sain-Paul-en-Jarez, mais également de son histoire et sa mémoire, ainsi que nous allons le voir.

Historique

Louis de Lafond, dernier seigneur de Saint-Paul.
L’hôtel particulier de Lafond, dit également hôtel Poidebard, appartenait au dernier seigneur de Saint-Paul, Louis de Lafond.
Louis de Lafond (1717-1793) était chevalier, conseiller du Roi, seigneur de Saint-Paul, la Barollière et Farnay et baron de Juys dans la Dombes.

Rappel historique

« En 1789, la seigneurie de Saint-Paul ne comprenait plus que le bourg et quelques terres éparpillées dans la paroisse, le reste dépendant du marquisat de Saint-Chamond, de la justice de Sennevas et de la baronnie de Pavezin appartenant à la chartreuse de Sainte- Croix. Cet émiettement de la seigneurie provenait du hasard et des successions. Néanmoins, le dernier seigneur de Saint-Paul (Louis de Lafond) avait su à grand renfort d’argent agrandir son domaine et joindre la seigneurie de Saint-Paul celle de la Barollière, le fief de la Revolanche et une grande partie de Farnay. »
(Extrait de « Société et économie d’un village du Haut-Jarez : Saint-Paul-en-Jarez, 1787-1797 » Bruno Philibert, mémoire de maîtrise, université de Saint-Etienne, 1988)

Louis de Lafond était le dernier rejeton d’une famille considérable de marchand de soie. Son cousin et son neveu ont détenu la charge importante de procureur du Roi au bureau des finances à Lyon. Un de ses ancêtres, Grégoire de Lafond, mort avant 1588, était déjà marchand et bourgeois de Saint Paul en Jarez.

La première assemblée municipale en 1788

En mars 1788, avant la Révolution, c’est l’ouverture solennelle de la première séance de la première assemblée municipale de Saint-Paul-en Jarez, en présence du seigneur de Saint-Paul, Louis de Lafond ainsi que du curé (pour les affaires paroissiales), du syndic (pour les affaires civiles) et de représentants de la population.
Le compte-rendu de cette séance figure dans un des registres de la commune Saint Paul en Jarez qui est un des plus beaux documents d’archives qui ont été conservés.

Rappel historique

« Les premières assemblées municipales ont été mises en place suite à l’édit de juin 1787 créant des « municipalités » de village.
La municipalité est composée du seigneur, du curé, du syndic et d’un nombre variant avec la population de gens élus par les propriétaires du village (conception influencée par les nouvelles idées des physiocrates sur la fonction sociale des propriétaires). La municipalité constitue une sorte de syndic renforcé qui permettait d’initier un plus grand nombre d’habitants au maniement des affaires du village ».

Le compte-rendu de séance précise que la première réunion de la première assemblée municipale a lieu « dans la maison du grand-père de monsieur de Lafond ». En fait, il s’agit probablement de l’hôtel particulier de Lafond, qui n’était qu’une des nombreuses résidences de Louis de Lafond. Par ailleurs, on sait que cet hôtel particulier servit de salle des fêtes à la nouvelle municipalité.
Plus tard, ce sera également dans cet hôtel que les Muscadins de Lyon, traversant Saint-Paul, feront halte avec leurs chevaux et leurs canons, pour y festoyer bruyamment. La municipalité accusée d’avoir pris  part à ce banquet et d’avoir fraternisé avec les rebelles, sera immédiatement destitué par un arrêt du révolutionnaire Javogues, puis poursuivie avec rigueur malgré les protestations énergiques de ses membres.

La famille Poidebard

La famille de Louis de Lafond était également apparentée aux Poidebard, autre famille qui a beaucoup marqué l’histoire et le paysage de Saint Paul en Jarez.
Les Poidebard étaient propriétaires d’un des principaux moulinages de Saint Paul en Jarez et ont fait construire l’actuel château de la Bastie ou château Poidebard, également sur la commune de Saint Paul en Jarez.

Louis de Lafond, n’ayant pas eu d’enfant de son épouse Marie-Antoinette Favre de Varennes, l’hôtel passera après sa mort à la famille Poidebard.
Ce sera le neveu de Louis de Lafond, Jean-Baptiste Poidebard (un des premiers maires de Saint-Paul-en-Jarez) qui aura l’usufruit de son hôtel particulier, après la mort tragique de son oncle, guillotiné à Lyon en 1793.

De l’hôtel Poidebard à la maison curiale

La dernière propriétaire de l’hôtel Lafond Poidebard appartenant à cette famille fut Marie-Amélie Poidebard (1841-1915). Troisième enfant de Joseph Poidebard (qui fit construire l’actuel château de la Bastie), celle-ci était également la sœur de l’historien et généalogiste William Poidebard dont les ouvrages font toujours référence.

Sa vie fut marquée (ainsi que celle de sa mère Anne-Marie Hervier de Romans) par une foi profonde et de nombreuses œuvres charitables. Au moment de la séparation des églises et de l’Etat, le clergé de Saint Paul ayant dû abandonner le bâtiment du presbytère (ancienne mairie), son engagement la pousse à mettre la maison de sa famille à la disposition du curé. A son décès en 1915, elle lègue l’Hôtel particulier de Lafond Poidebard à l’archevêché de Lyon, ce bâtiment devenant maison curiale.

Durant pratiquement tout le 20ème siècle, le vaste bâtiment de l’hôtel de Lafond fera donc office de presbytère que l’on appellera plus familièrement la cure.
En décembre 1998, la commune de Saint-Paul-en-Jarez fait l’acquisition de l’hôtel de Lafond en vue d’y établir la future mairie qui sera inaugurée en mars 2009. Cette acquisition s’est faite sous la forme d’un accord avec le diocèse permettant l’échange de ce bâtiment contre l’ancienne mairie.

Description

Bien que d’origine plus ancienne, l’hôtel de Lafond semble avoir été entièrement remodelé sous le règne du Roi Louis XV dont il conserve les caractéristiques essentielles.

Eléments remarquables

Parmi les éléments les plus intéressants qu’abrite cette demeure, il faut noter :

• Un bandeau de pierre, formant saillie, qui délimite les étages,
• La porte monumentale qui s’ouvre sur une cour intérieure (la petite porte à droite était empruntée par les gens de service).
• L’entrée qui donne accès à la réception est décorée d’une grille en fer forgé aux gracieuses arabesques. On y voit les initiales jumelées des deux « L » de Louis de Lafond, seigneur de Saint Paul et Farnay.
• A l’intérieur, on remarque des cheminées en marbre et de belles boiseries de style Louis XV.
• Signalons également, sur le côté (rue basse), la porte cochère cloutée du 17ème siècle avec heurtoir articulé, donnant sur une petite cour et comprise dans l’ensemble bâtimentaire de l’hôtel de Lafond.

Outre son intérêt architectural, l’intérêt de cette maison bourgeoise est aussi de posséder dans sa cour une fontaine à balancier, rare et certainement unique dans la Loire et dont la pompe à balancier a été classée monument historique.

Notons enfin également la présence d’un pressoir monumental.

Sources :
– Archives municipales de Saint-Paul-en-Jarez
– Article de M.J Philibert, dans Gerval n°10-2ème trim. 1978 ainsi que son livre sur la Barollière aux éditions Horvath-1978

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Les châteaux de Saint-Paul-en-Jarez

Document rédigé par Frédéric Farat (Bibliothècaire de Saint-Paul-en-Jarez)

Trois châteaux se trouvent actuellement sur la commune de Saint-Paul-en-Jarez :

  • Le château de la Bastie ou château Poidebard

Du nom de la famille qui l’a construit en 1867 et qui s’est illustré tout particulièrement dans le moulinage. Aujourd’hui, il est la propriété de l’A.D.A.P.E.I (foyer résidence des personnes handicapées)

  • Le château de la Motte Rouge (ou château Grange Merlin)

Construit à la même époque que le précédent par la famille Granjon-Maniquet/de la Motte-Rouge. Actuellement, c’est une propriété privée.

  • Le château Morel ou château de la Bachasse

Construit au 20ème siècle (1905) par une famille d’industriels. Actuellement, c’est une propriété privée.

Il faut également mentionner le château de Villoutreys qui a été démoli au début des années 1980. Ce château, propriété de la famille Villoutreys de Brignac, datait de la fin du 19ème siècle. L’appellation de château de Saint Paul a parfois été utilisée pour le désigner, sans doute du fait de sa position à l’entrée du bourg.

Aucun de quatre châteaux n’existait donc pas avant la deuxième moitié du 19ème siècle. Auparavant, on ne peut guère mentionner que les deux « châteaux » suivants :

  • Le château de Saint-Paul

Il est d’origine médiévale et ses vestiges demeurent au cœur du bourg. Au Moyen-Age, Saint-Paul-en-Jarez était un village fortifié. Toutefois, il n’y avait pas, au sens strict du terme, un château d’une part et d’autre part des maisons entourées de remparts. En fait, ce sont les maisons elles-mêmes qui faisaient rempart et le logis seigneurial était compris dans l’ensemble. On parlera de « bourg castral » plutôt que de château. Déjà devenu vétuste au 16ème siècle, l’ancien logis seigneurial n’est plus habité par les capitaines-châtelains au 17ème. La tour qui a survécu aujourd’hui, diminuée d’une partie de sa hauteur, servit à cette époque de prison. Aujourd’hui, cette tour héberge des commerces.

Avant la construction du château de la Bastie
La famille Poidebard possédait déjà en contrebas de celui-ci, près de l’usine de moulinage, une demeure plus ancienne à propos de laquelle on peut employer le terme de « château » même si c’était un bâtiment plus sommaire et plus rustique

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Les maires de Saint-Paul-en-Jarez de 1788 à nos jours

1788 : Mr DELAFONT, seigneur
1790-1792 : François MANIQUET
1792-1793 : Ennemond JALABERT
09/1793-10/1793 : CHOREL-LAPLAGNY
1793-1794 : François MANIQUET
1794-1795 : J.B.POIDEBARD
06/1795-11/1795 : J.C.SAVOIE
1795-1799 :  A.MANIQUET, agent national – J.B.POIDEBARD, commissaire
1799-1803 : Jean Baptiste DUBOST
1803-1808 : Gabriel COSTES
1808-1813 : Jean Claude SAVOIE
1813-1815 : Antoine MANIQUET
06/1815-07/1815 : Joseph VINCENT
07/1815-1825 : Antoine MANIQUET
1825-1838 : Charles CHARRIN
1838-1843 : Louis BARRIER
1843-1848 : Félix HERVIER
03/1848-11/1848 : Gabriel COSTES
1848-1855 : Félix HERVIER
1855-1859 : Benoît SAVOIE
1859-1860 : Félix HERVIER
1860-1870 : Marius GRANJON
1870-1871 : Victor CHOREL
1871-1878 : J.B.COFFY
1878-1880 : Angel GROMO
1880-1882 : Michel RAYMOND
1882-1884 : Antoine BOUDARD
1884-1892 : Jean CHARRIN
1982-1901 : Ambroise GRANJON
1901-1905 : Jean Marie BOURRIN
1905-1919 : Benoît GONIN
1919-1929 : Antoine MELEY
1929-1935 : Barthélémy MOREL
05/1935-09/1935 : André PERISSEL
1935-1936 : Antoine MARQUET
1936-1953 : André PERISSEL
1953-1962 : Louis COFFY
1962-1965 : Etienne ANGENIOL
1965-1971 : Lucien REY
1971-1977 : Noël LANDY
1977-1979 : André VILLARD
1979-1989 : Henri JUGE
1989-03/2008 : Michel PAUL
Depuis 03/2008 : Pascal MAJONCHI