La médiathèque a renouvelé une partie de ses collections au début du printemps en changeant un tiers des documents (livres, CD, DVD, partitions…) prêtés par le département, soit environ 600 sur 1800. Notre bibliothécaire s’est rendu pour cela à Bourg-Argental, à l’antenne sud de la Direction départementale du livre et du multimédia, ce qui a été rendu à nouveau possible pour la première fois cette année depuis début fin 2019. A ces nouveaux documents prêtés se sont ajoutées à partir de début mai des nouveautés acquises par la médiathèque : romans, polars, essais, BD, mangas, albums pour les plus jeunes, livres-CD, mais aussi recueils de poèmes, livres en langues étrangères (bilingues)…

Parmi les nouvelles acquisitions voici un coup de cœur de notre bibliothécaire :

> Le tome 64 des Tuniques bleues, paru fin 2021 : Où est donc Arabesque ? (Dupuis) aura été le dernier signé Lambil et Cauvin ; le tome 65 (L’envoyé spécial) signé Beka /Munuera, avait été, de façon inhabituelle… publié avant ; Raoul Cauvin avait en effet annoncé que son rôle de scénariste de cette série s’arrêterait avec le 64, puis il est décédé peu après en 2021. La nouvelle version de la série à partir du tome 65, médiocre, simpliste, bien-pensante, est plus que décevante, et son seul intérêt est de faire ressortir, par contraste, ce qui avait fait la qualité de cette série. Une page se tourne, même s’il est question du retour éventuel de Lambil pour dessiner le tome 66.

> La série des Tuniques bleues a en effet plusieurs particularités attachantes. Elle reste lue et appréciée par plusieurs générations, comme on peut le constater en médiathèque. Elle a la particularité de mêler d’une façon originale l’humour et le sérieux, la gravité et les gags. Cela s’est traduit au niveau du dessin, par le traitement souple et différencié des personnages. Si les principaux protagonistes, le sergent Chesterfield et le caporal Blutch, sont dessinés comme des personnages de cartoons, de dessin humoristique et non réaliste, en revanche les personnages historiques qui apparaissent régulièrement dans les albums, tels le président Lincoln ou le général Grant, sont traités de façon plus réaliste.

> Le sergent Chesterfield et le caporal Blutch, à la fois inséparables et d’humeurs totalement incompatibles, forment un duo mémorable par le contraste de leurs caractères. Chesterfield, l’idéaliste, respectueux de l’ordre et attaché à des valeurs auxquelles il voue un culte ombrageux, et Blutch, éternel râleur et rebelle, qui ne s’en laisse pas compter. Au-delà de son caractère divertissant, cette BD se distingue aussi par sa dénonciation obstinée de la guerre. En outre différents aspects de la vie des soldats (nourriture, santé, hygiène, par exemple) y sont abordés à partir de faits divers authentiques qui se sont déroulés pendant la guerre de Sécession.

Cette série de BD est marquante aussi du fait qu’elle est un hymne sans égal à la pudeur des sentiments, avant tout de l’amitié et de la fraternité qui ne s’avoueront jamais, et, parfois, dans quelques albums, du sentiment amoureux.